Pourquoi la compassion et la confiance sont les plus puissants alliés de la démocratie

Pourquoi la compassion et la confiance sont les plus puissants alliés de la démocratie

Entretien avec Jennifer Nadel, dans le podcast Closing Distance

Jennifer Nadel, cofondatrice de Compassion in Politics et coautrice avec Gillian Anderson de We: A Manifesto for Women Everywhere, s’est entretenue avec Dominic Wilhelm dans le récent podcast Closing Distance pour démontrer pourquoi la compassion et la confiance sont les alliées les plus redoutables de la démocratie.

« La compassion n’est pas une faiblesse. C’est une force. » Tel est le message de Jennifer Nadel, avocate, journaliste primée et réformatrice politique, lors de cette discussion avec Dominic Wilhelm. Cofondatrice de Compassion in Politics, Nadel affirme qu’ancrer la compassion au cœur de la prise de décision politique n’est pas un luxe, mais une nécessité démocratique.

La carrière de Nadel s’est construite autour de l’idée de confronter le pouvoir avec honnêteté. Journaliste d’investigation à ITN, elle a révélé des crimes de guerre et fourni des preuves aux Nations Unies. En tant qu’autrice, elle a coécrit avec l’actrice Gillian Anderson We: A Manifesto for Women Everywhere, un ouvrage qui appelle à passer d’un mode de vie centré sur le « moi » à un mode de vie centré sur le « nous ». Le manifeste de Nadel et Anderson défendait la résilience, la compassion et la responsabilité collective — des principes que Wilhelm développe à travers le Global Trust Project, qui met l’accent sur la confiance comme condition essentielle pour réduire la distance entre les individus et les sociétés.

À travers Compassion in Politics, le groupe multipartite qu’elle a cofondé, Nadel a défendu des réformes visant à placer l’empathie et l’intégrité au cœur de la vie publique. Parmi ses initiatives figurent le soutien en santé mentale pour les parlementaires, des campagnes de changement de culture comme Stop the Nastiness, et la Norme d’honnêteté au Parlement — actuellement testée au pays de Galles pour sanctionner les responsables politiques qui trompent délibérément le public.

La compassion n’est pas un sentiment. C’est de l’activisme — un appel à agir pour le monde que nous désirons, et non celui auquel nous nous résignons.

« Nous avons normalisé une politique qui provoque des souffrances évitables », déclare Nadel. « Mais la compassion implique l’action. Cela signifie s’opposer au mensonge, refuser de détourner le regard face aux difficultés, et exiger que la politique retrouve sa boussole morale. »

Nadel reconnaît que la compassion peut être perçue comme naïve, voire « religieuse ». Pourtant, elle affirme que c’est tout le contraire : « La compassion demande du courage. Elle consiste à pénétrer dans des espaces hostiles pour affirmer qu’il existe une autre voie. »

Son travail trouve un écho particulier auprès des jeunes générations désabusées par la politique. Seul 1 % des Britanniques de moins de 35 ans pensent que les responsables politiques disent la vérité — une statistique que Nadel cite comme preuve d’une crise de confiance à laquelle Compassion in Politics veut s’attaquer. « Lorsque les citoyens savent que le mensonge entraîne de réelles conséquences, la confiance publique peut commencer à se reconstruire », explique-t-elle.

La conversation avec Wilhelm a mis en lumière la convergence entre compassion et confiance. Tandis que le Global Trust Project de Wilhelm s’emploie à rendre la confiance opérationnelle dans les organisations et les gouvernements, Nadel soutient que la compassion est le « nord magnétique » de la politique — le principe qui peut ramener les choix vers l’équité, la dignité et la vérité.

Son propre parcours donne du poids à son message. Après des années en première ligne du journalisme et du militantisme, Nadel a connu l’épuisement, ce qui l’a contrainte à reconstruire sa vie de l’intérieur. Cette expérience, dit-elle, a renforcé son sentiment d’urgence : la compassion n’est pas seulement une pratique personnelle, mais aussi un cadre politique.

« Pour moi, tout revient toujours à l’action », conclut-elle. « La compassion n’est pas un sentiment. C’est de l’activisme — un appel à agir pour le monde que nous désirons, et non celui auquel nous nous résignons. »

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