La pollution par les microplastiques en Afrique du Sud : une bombe à retardement pour les écosystèmes et la population

La pollution par les microplastiques en Afrique du Sud : une bombe à retardement pour les écosystèmes et la population

Les microplastiques posent un risque de plus en plus grand pour la santé publique et l’environnement en Afrique du Sud. Des études récentes montrent à quel point cette pollution est répandue, avec plus de 80 % des sources d’eau douce du pays contaminées et des concentrations pouvant atteindre jusqu’à 10 000 particules par mètre cube dans certaines rivières urbaines.

Les conséquences sont tout aussi alarmantes sur le littoral : plus de 90 % des sédiments côtiers contiennent des microplastiques, menaçant directement les écosystèmes marins et entrant dans la chaîne alimentaire. Ce problème est aggravé par une gestion des déchets inefficace et une forte consommation de plastique. Nicholas De Beer, directeur de Fortis X, souligne que les déchets du quotidien, les eaux de ruissellement urbaines et les équipements de pêche abandonnés sont des sources majeures de cette pollution.


Une toxicité qui s’infiltre

Bien plus qu’un simple problème environnemental, les microplastiques représentent un danger direct pour la santé humaine. On estime qu’en moyenne, une personne ingère entre 11 845 et 193 200 particules par an, principalement via l’eau potable.

La toxicité des microplastiques provient de leurs propriétés inhérentes, mais aussi de leur capacité à capter d’autres polluants comme les métaux lourds. Les recherches scientifiques mettent en lumière plusieurs risques :

  • Exposition chimique : Les microplastiques contiennent des additifs toxiques (phtalates, BPA, métaux lourds) qui peuvent contaminer les aliments et les boissons, pouvant ainsi perturber le système endocrinien et augmenter les risques de cancer.
  • Inflammation et stress oxydatif : L’ingestion de ces particules peut déclencher des réactions inflammatoires, ce qui pourrait affaiblir le système immunitaire.
  • Bioaccumulation : Les microplastiques s’accumulent dans le corps au fil du temps. On en a même retrouvé dans le sang, les poumons et les placentas, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes sur leurs effets à long terme sur la reproduction et le développement.

Nicholas De Beer insiste sur l’urgence de réduire notre exposition à ces particules. Il rappelle que si les plastiques sont conçus pour être durables, ils finissent par se fragmenter en microplastiques persistants, qui contaminent les écosystèmes et s’insèrent dans la chaîne alimentaire. Cette situation s’aggrave car l’utilisation du plastique continue de croître plus vite que le développement de solutions durables.

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