Avec plus de 762 500 € de financement de l’Union européenne, le projet a touché plus de 52 000 personnes dans l’État d’Adamawa.
Le Comité international de secours (IRC) et l’Union européenne ont mené à bien un projet innovant de préparation aux catastrophes visant à protéger les communautés vulnérables contre les inondations urbaines dans l’État d’Adamawa, dans le nord-est du Nigeria.
Le changement climatique provoque des catastrophes et des inondations à des rythmes sans précédent, particulièrement dans des régions déjà affectées par des conflits et des crises. En 2024, des inondations inédites au Nigeria ont entraîné l’insécurité alimentaire et des épidémies de choléra, tandis que les inondations éclair dévastatrices du mois dernier dans l’État de Niger ont coûté la vie à plus de 150 personnes.
Dans une région où les besoins humanitaires augmentent en raison des conflits, des déplacements et des impacts croissants du changement climatique, les inondations urbaines restent une menace persistante et meurtrière—en particulier dans les quartiers informels. Le projet s’est concentré sur la réduction de ces risques grâce à une action anticipative menée par les communautés, en permettant aux résidents locaux de se préparer et de réagir aux inondations avant qu’elles ne surviennent.
Tout au long du projet, les communautés ont été dotées de systèmes d’alerte précoce, d’outils de planification inclusifs et de protocoles de préparation localisés. Une attention particulière a été portée à la participation des femmes, des jeunes, des personnes en situation de handicap et des populations déplacées—celles qui sont souvent les plus touchées par les catastrophes liées au climat.
Cependant, bien que ce projet constitue une étape importante, le besoin d’actions anticipatives au Nigeria reste crucial. Le changement climatique accélère la fréquence et la gravité des catastrophes et, sans investissements soutenus, les populations les plus vulnérables continueront de subir des pertes dévastatrices. Nous encourageons le gouvernement, les bailleurs et les acteurs humanitaires à intégrer l’action anticipative dans les stratégies nationales de réduction des risques de catastrophe, à garantir un financement prévisible pour les interventions précoces, et à renforcer les programmes de résilience communautaire à l’échelle nationale. Les enseignements tirés d’Adamawa montrent qu’agir avant la catastrophe n’est pas seulement rentable, mais essentiel pour sauver des vies, renforcer la résilience, restaurer les moyens de subsistance et préserver la dignité des bénéficiaires.
Babatunde Ojei, directeur national de l’IRC au Nigeria, déclare :
« Investir dans l’action précoce sauve des vies. Ce projet a transformé notre manière de répondre aux catastrophes climatiques dans des contextes urbains fragiles. En plaçant les communautés au centre—en particulier les femmes et les groupes marginalisés—nous avons contribué à jeter les bases d’une résilience à long terme et d’un véritable engagement local. »
L’IRC est présente au Nigeria depuis 2012, intervenant initialement suite aux inondations catastrophiques dans l’État de Kogi. Aujourd’hui, l’organisation soutient les communautés touchées par les crises dans le nord-est du pays grâce à des services en santé, protection, éducation, relèvement économique et résilience climatique. Avec plus de 700 employés dans le pays, l’IRC apporte une expertise approfondie en matière de préparation aux catastrophes et d’action anticipative.
Le projet s’est également appuyé sur des partenariats solides avec des institutions locales et nationales, notamment la Nigeria Hydrological Services Agency (NiHSA), l’Nigeria Meteorological Agency (NiMET), l’Upper Benue River Basin Development Authority (UBRBDA) et l’Adamawa State Emergency Management Agency (ADSEMA), garantissant la durabilité à long terme du modèle.
Avec un financement de plus de 762 500 € de l’Union européenne, le projet a touché plus de 52 000 personnes dans l’ensemble de l’État d’Adamawa. À la fin du programme, il laisse derrière lui des systèmes renforcés, des organisations locales formées et des communautés mieux préparées pour affronter les inondations futures—ainsi qu’un modèle d’action anticipative urbaine pouvant inspirer de futures interventions dans toute la région.