L’Afrique entre dans une période charnière, de 2025 à 2030, qui pourrait redéfinir son rôle mondial. C’est la conclusion d’un nouveau rapport intitulé Foresight Africa 2025–2030. Ce document identifie les principaux défis et opportunités qui pourraient transformer la trajectoire du continent, tant sur le plan économique que politique.
Un tournant économique pour l’Afrique
Selon le rapport, l’Afrique possède des atouts fondamentaux qui pourraient propulser sa croissance économique. On pense notamment à sa population jeune et dynamique, à son urbanisation rapide et à une intégration commerciale accrue. Cependant, pour exploiter pleinement ce potentiel, l’Afrique doit engager des réformes importantes et faire preuve d’un engagement politique fort.
L’une des stratégies clés proposées est le développement de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). En agissant comme catalyseur pour le commerce intra-africain, cette zone pourrait réduire les coûts, créer des emplois et renforcer la résilience économique. L’étude souligne l’importance d’investir massivement dans les infrastructures régionales et de réformer les systèmes fiscaux pour élargir la base d’imposition et réduire la dépendance à la dette extérieure. L’industrialisation est également un élément crucial pour cette transformation, en particulier dans les secteurs de l’agroalimentaire et de la fabrication, afin de diminuer la vulnérabilité aux chocs externes.
Gouvernance et capital humain
La stabilité politique est jugée essentielle pour attirer les investissements et assurer la pérennité des réformes. Le rapport note que même si certaines transitions politiques restent incertaines, des progrès significatifs ont été réalisés dans la gouvernance locale. Pour restaurer la confiance des citoyens et renforcer l’État de droit, l’intégration des jeunes et des femmes dans les décisions, la décentralisation et la réforme des systèmes électoraux et judiciaires sont des mesures prioritaires.
Le rapport met aussi en avant le rôle de la technologie et du capital humain. L’Afrique connaît une croissance rapide du secteur numérique (finance mobile, e-gouvernance, éducation en ligne). Le défi est de former la main-d’œuvre de demain en mettant l’accent sur les compétences numériques et écologiques. Le rapport encourage également les partenariats entre les secteurs public et privé pour stimuler la recherche et le développement de l’intelligence artificielle (IA) éthique.
Défis environnementaux et sanitaires
Face aux changements climatiques, le rapport insiste sur la nécessité d’investir dans une agriculture résiliente. Cela implique une modernisation des systèmes d’irrigation, le développement de semences résistantes et une gestion durable des ressources en eau et des écosystèmes. Les auteurs insistent également sur le besoin d’un meilleur accès aux financements climatiques et d’une coopération transfrontalière accrue.
En matière de santé, malgré les progrès post-pandémie, des faiblesses persistent. Il s’agit notamment de la dépendance aux importations de médicaments et du manque d’infrastructures hospitalières. Le rapport recommande de renforcer les systèmes de santé de base, d’augmenter la production locale de médicaments et de vaccins et d’étendre la couverture sociale pour aller vers une couverture santé universelle.
Un rôle plus influent sur la scène mondiale
Enfin, le rapport appelle l’Afrique à jouer un rôle plus actif dans les discussions multilatérales. Il préconise de diversifier les partenariats avec des puissances comme les États-Unis, la Chine et les BRICS, tout en renforçant les alliances Sud-Sud. L’objectif est de mieux défendre les intérêts du continent en matière de commerce et de climat, notamment en poussant pour la réforme des institutions financières et du Conseil de sécurité de l’ONU.
En conclusion, le rapport Foresight Africa 2025–2030 présente la décennie à venir comme un moment décisif où l’Afrique a le choix de simplement s’adapter aux changements mondiaux ou de devenir un acteur majeur sur la scène internationale.