Le Bureau hydrographique des Seychelles est un département spécialisé au sein de la SMSA qui rassemble les informations hydrographiques provenant de l’ensemble du gouvernement et de partenaires internationaux.
Le Conseil des ministres a approuvé la création du Bureau hydrographique des Seychelles (SHO) au sein de l’Autorité de sécurité maritime des Seychelles (SMSA), créant ainsi un cadre national dédié pour mieux comprendre et gérer le vaste domaine maritime des Seychelles.
State House Press a rencontré le capitaine Daniel Adam, directeur général de la SMSA, pour en savoir plus sur l’hydrographie et son rôle dans la sécurité de la navigation, la recherche et le sauvetage, la planification maritime et l’économie bleue.
Pourquoi avons-nous besoin d’un bureau aussi dédié ?
Le Service hydrographique des Seychelles est un département spécialisé de l’Agence maritime des Seychelles (SMSA) qui centralise les informations hydrographiques provenant de l’ensemble du gouvernement et de partenaires internationaux. Son rôle est de coordonner, gérer et préserver ces informations en tant que patrimoine national et de les mettre à la disposition des organismes qui en ont besoin, que ce soit pour la navigation, la recherche et le sauvetage, la planification maritime, la gestion environnementale ou d’autres activités maritimes.
Plus largement, l’hydrographie nous aide à comprendre l’océan qui nous entoure. Si les cartes nous aident à comprendre la terre, l’hydrographie nous aide à comprendre la mer. À mesure que les Seychelles se développent en tant qu’État maritime, cette connaissance devient de plus en plus importante pour la sécurité, l’économie bleue et la prise de décisions nationales.
En termes simples, nous cartographions et comprenons essentiellement ce qui se trouve sous et dans nos eaux ?
Exactement. Il s’agit d’approfondir nos connaissances sur le milieu marin. Cela inclut la profondeur et la topographie des fonds marins, ainsi que d’autres informations qui nous permettent de mieux comprendre et d’utiliser nos eaux en toute sécurité.
Les Seychelles possèdent un vaste territoire maritime. Que savons-nous actuellement de nos fonds marins et de nos eaux, et existe-t-il des zones qui nécessitent encore une étude approfondie ?
L’histoire hydrographique des Seychelles a commencé bien avant l’indépendance et même avant l’établissement d’une colonie permanente. Les îles figuraient déjà sur les premières cartes il y a plusieurs siècles, et les premiers relevés hydrographiques documentés des eaux seychelloises datent de 1742. Une grande partie des informations qui servent encore aujourd’hui de base à nos cartes provient de relevés effectués avant l’indépendance, principalement par l’Amirauté britannique.
Plus récemment, une importante campagne hydrographique réalisée en 2024 en partenariat avec le Service hydrographique du Royaume-Uni a généré environ quatre téraoctets de données et cartographié environ 650 km² d’eaux autour de Mahé, Praslin et La Digue.
Bien que ce soit une réalisation importante, elle souligne également l’ampleur du défi. Les Seychelles possèdent un domaine maritime d’environ 1,4 million de km², ce qui signifie que l’étude a couvert moins de 0,05 % de cette superficie.
En réalité, l’hydrographie est un domaine en constante évolution. Certaines zones bénéficient de levés hydrographiques modernes, tandis que d’autres s’appuient encore sur des données plus anciennes et gagneraient à être complétées par des levés supplémentaires. Le rôle du Service hydrographique des Seychelles est de coordonner, de gérer et d’améliorer en permanence notre connaissance du domaine maritime à mesure que de nouvelles données sont disponibles.
Moins de 0,05 % semble infime. Cela signifie-t-il que nous ignorons encore beaucoup de choses sur nos eaux ?
Oui, et c’est pourquoi il faut considérer cela comme un processus continu. Les Seychelles possèdent un domaine maritime immense par rapport à leur superficie terrestre. Un relevé complet selon les normes modernes ne peut se faire du jour au lendemain. L’important est d’identifier les priorités et d’améliorer progressivement les informations dont nous disposons.
Les Seychelles seraient-elles en mesure de réaliser davantage de levés hydrographiques localement ?
Les Seychelles ont des obligations, en vertu des conventions maritimes internationales, notamment le chapitre V de la Convention SOLAS et la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM), de garantir la disponibilité d’informations hydrographiques appropriées pour assurer la sécurité maritime. Nous remplissons ces obligations grâce à nos capacités nationales et à des accords conclus avec d’autres États et organisations internationales.
L’important est que les données recueillies dans le domaine maritime des Seychelles demeurent un bien national souverain. Que les informations soient collectées directement par les Seychelles ou par le biais de partenariats, le Service hydrographique des Seychelles coordonnera, gérera et conservera ces informations pour le compte du pays.
Au fil du temps, notre compréhension du milieu maritime continuera de s’améliorer grâce à la combinaison de levés hydrographiques traditionnels, de bathymétrie satellitaire, de télédétection, de bathymétrie participative et d’autres technologies émergentes. L’objectif est de dresser progressivement un tableau plus complet des eaux et des fonds marins des Seychelles, tout en veillant à ce que ces connaissances restent accessibles pour la navigation, la recherche et le sauvetage, la protection de l’environnement, la planification maritime et l’économie bleue.
Les Seychelles n’ont donc pas forcément besoin de cartographier chaque partie de leurs eaux en utilisant des méthodes traditionnelles ?
Non. La technologie transforme la manière dont les informations hydrographiques sont recueillies. Les levés traditionnels restent importants, mais la bathymétrie satellitaire, la télédétection et d’autres technologies émergentes peuvent les compléter. La coopération internationale demeure également essentielle, compte tenu notamment de l’immensité du domaine maritime des Seychelles.
Au-delà de la navigation et de la sécurité, comment ce bureau contribuera-t-il à l’économie bleue des Seychelles et à l’utilisation durable de nos ressources marines ?
L’hydrographie moderne dépasse largement le cadre de la sécurité maritime. Elle concerne de plus en plus l’information marine et la compréhension du domaine maritime dans son ensemble.
L’émergence de nouvelles normes et technologies permet de combiner les données hydrographiques aux données environnementales, météorologiques et géospatiales afin d’obtenir une image plus complète de nos espaces océaniques. Ceci favorise la planification spatiale marine, la gestion des pêches, la protection de l’environnement, l’adaptation au changement climatique et le développement économique durable.
Elle renforce également les opérations de recherche et de sauvetage en fournissant de meilleures informations sur nos eaux et notre environnement maritime, tout en soutenant nos secteurs du tourisme et maritime grâce à des données marines plus précises et fiables. De meilleures informations permettent une meilleure planification, une prise de décision plus éclairée et une plus grande confiance dans l’utilisation sûre et durable de notre espace maritime.
En définitive, le Service hydrographique contribue à transformer les données sur l’océan en connaissances qui soutiennent l’économie bleue et aident les Seychelles à prendre des décisions éclairées sur la manière dont nous utilisons, protégeons et gérons nos ressources marines pour les générations futures.
Il ne s’agit donc pas simplement de produire de meilleures cartes marines ?
Absolument pas. La navigation est certes une composante importante de l’hydrographie, mais les informations qu’elle fournit ont des applications bien plus vastes. Elles peuvent appuyer la pêche, la protection de l’environnement, les opérations de recherche et de sauvetage, le tourisme, la planification spatiale marine, l’adaptation au changement climatique et les décisions relatives au développement durable de l’espace océanique des Seychelles.
Maintenant que le Cabinet a donné son approbation, quelles sont les prochaines étapes ? Quand pouvons-nous espérer que le bureau soit pleinement opérationnel ?
L’approbation du Conseil des ministres officialise le Bureau hydrographique des Seychelles en tant que département spécialisé au sein de l’Agence des services hydrographiques des Seychelles (SMSA) et prévoit également la création du Comité hydrographique national. Les prochaines étapes consistent à renforcer les structures nécessaires à la coordination des activités hydrographiques, à la gestion des données hydrographiques nationales, au soutien des partenariats et au développement continu des compétences.
Cela signifie-t-il que le service hydrographique est déjà opérationnel ?
L’hydrographie n’est pas un projet avec une date de fin fixe, mais une capacité nationale continue de se développer au fur et à mesure que de nouvelles données, technologies et exigences émergeront.
Plutôt que de se focaliser sur la date de sa pleine mise en service, il est préférable de l’envisager comme un programme à long terme. Nous améliorons constamment notre compréhension du domaine maritime, que ce soit par le biais de levés hydrographiques, de la bathymétrie satellitaire, des technologies émergentes, de la coopération internationale ou de la gestion des données existantes.
Le bureau évoluera au rythme de ces développements. L’évolution majeure réside dans le fait que les Seychelles disposent désormais d’un cadre national dédié à la coordination, à la gestion et à la préservation des informations hydrographiques, considérées comme un patrimoine national souverain au bénéfice des générations actuelles et futures.
Source : Africa Newsroom


