Ancien symbole de pollution et de marginalisation urbaine, la décharge d’Akouédo, à l’est d’Abidjan, a laissé place à un vaste parc urbain. Une reconversion emblématique qui illustre les enjeux de réhabilitation environnementale et d’amélioration du cadre de vie dans les grandes villes africaines.
Pendant de nombreuses années, l’ancienne décharge d’Akouédo a concentré l’essentiel des nuisances environnementales de la capitale économique ivoirienne. Unique dépotoir d’Abidjan, ce site de près de 90 hectares a accueilli plus de 50 millions de tonnes de déchets, exposant les populations riveraines à des risques sanitaires majeurs et à une dégradation continue de leur cadre de vie.
Fermée depuis la fin de l’année 2018, la décharge a fait l’objet d’un vaste programme de réhabilitation et d’assainissement. Là où s’accumulaient autrefois des montagnes d’ordures et des odeurs persistantes, s’étendent désormais des espaces verts, des allées aménagées et des zones de détente ouvertes au public.

Un soulagement pour les habitants d’Akouédo
Pour les riverains, longtemps confrontés à l’insalubrité, cette transformation marque un véritable tournant.
« On préférait quitter le quartier le matin et n’y revenir que la nuit pour dormir, tant l’environnement était désagréable », témoigne N’Goran Kouadio, mécanicien installé à Akouédo depuis plus de vingt-cinq ans.
La reconversion du site a permis de sécuriser la zone, de réduire les nuisances et de redonner une fonction sociale à un espace longtemps perçu comme un fardeau urbain.

Un nouvel espace de vie au cœur de la ville
Le parc urbain d’Akouédo comprend aujourd’hui des terrains de sport, des aires de jeux pour enfants, une promenade botanique ainsi que plusieurs espaces de loisirs et de repos. Pensé comme un lieu de vie et de respiration, il contribue à améliorer la qualité de vie des habitants tout en renforçant la cohésion sociale.
Les effets positifs sont déjà visibles au quotidien. « Les moustiques, les mouches et les odeurs nous empêchaient de dormir. J’avais même ouvert un maquis que j’ai dû fermer, car personne ne voulait venir », raconte Serge Kupé, chauffeur. Depuis la réhabilitation, l’activité économique locale reprend progressivement.

Vers une gestion plus durable des déchets
Depuis la fermeture d’Akouédo, la gestion des déchets d’Abidjan repose sur le Centre de Valorisation et d’Enfouissement Technique (CVET) de Kossihouen, situé en périphérie de la ville. Cette infrastructure vise un traitement plus durable et mieux encadré des ordures ménagères, afin d’éviter la reproduction des erreurs du passé.
Avec la transformation de l’ancienne décharge en parc urbain, Abidjan se dote d’un nouveau poumon vert et affirme sa volonté de repenser son développement urbain. Le projet s’inscrit dans une dynamique plus large de transition environnementale, de résilience urbaine et de promotion de villes africaines plus saines et inclusives.
Au-delà du cas d’Akouédo, cette expérience ouvre des perspectives pour de nombreuses villes africaines confrontées à une gestion complexe des déchets et à un déficit d’espaces verts. Elle démontre qu’avec une volonté politique, une planification rigoureuse et des investissements ciblés, des sites longtemps considérés comme des passifs environnementaux peuvent devenir de véritables leviers de mieux-vivre urbain. Un modèle dont pourraient s’inspirer d’autres métropoles du continent engagées dans la construction de villes plus durables, résilientes et inclusives.
Rédaction Tamafrica


