Le Sénégal poursuit sa dynamique de transformation de son système éducatif avec le Projet d’Amélioration des Performances du Système Éducatif (PAPSE), présenté comme un outil stratégique majeur pour bâtir une école plus inclusive, plus équitable et mieux adaptée aux réalités nationales.
Lors du comité de pilotage du PAPSE, tenu le vendredi 23 janvier 2026, une annonce forte a retenu l’attention : près de 15 000 élèves déscolarisés issus des régions de Sédhiou, Dakar et Diourbel seront réintégrés dans le circuit éducatif. Cette initiative, dénommée « Dellusil », prévoit soit un retour dans l’enseignement général, soit une orientation vers la formation professionnelle, selon les profils et les besoins des apprenants.
Une réponse concrète au défi de la déscolarisation
L’annonce a été faite par Elhadji Saliou Ngom, Coordonnateur du PAPSE, dans un contexte marqué par la nécessité de lutter contre les ruptures scolaires et les inégalités d’accès à l’éducation. Le projet « Dellusil » s’inscrit ainsi dans une approche pragmatique, visant à offrir une seconde chance éducative à des milliers de jeunes souvent laissés en marge du système.
Un bilan et des orientations claires pour 2026
La rencontre, présidée par le Secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, Papa Malick Ndao, a servi de cadre d’évaluation de l’année écoulée. Les participants ont dressé un bilan lucide des performances du PAPSE, tout en validant les priorités stratégiques pour l’année 2026.
À cette occasion, le Secrétaire général a exhorté les directeurs et chefs de services à prendre toutes les dispositions nécessaires pour l’exécution effective des plans d’actions, soulignant l’importance de la rigueur et de la coordination dans la mise en œuvre des réformes.
Des réformes structurelles au cœur du changement
Papa Malick Ndao a rappelé les grandes réformes engagées par le ministère, parmi lesquelles :
- la refondation curriculaire ;
- la généralisation des langues nationales à travers le programme MOHEBS ;
- l’appui à 1 098 daaras (écoles coraniques traditionnelles) pour une meilleure intégration dans le système éducatif ;
- l’intégration du numérique dans les apprentissages ;
- les contrats de performance avec les LYNAQE, pour améliorer la qualité de l’enseignement.
Ces réformes traduisent une volonté affirmée de construire une école sénégalaise enracinée dans ses réalités culturelles tout en étant ouverte aux innovations pédagogiques.
Un engagement financier fort de l’État
Autre annonce majeure : une enveloppe de 15 milliards de FCFA a été mobilisée dans la Loi de Finances 2026 au profit du PAPSE. Un signal fort de l’engagement de l’État sénégalais en faveur de l’éducation comme pilier du développement national.
Vers une société éducative inclusive
En clôture des travaux, le Secrétaire général a félicité l’ensemble des acteurs impliqués, notamment l’équipe du PAPSE, le partenaire technique et financier qu’est la Banque mondiale, ainsi que les représentants des ministères des Finances, de la Formation professionnelle et de l’Enseignement supérieur. Il a également plaidé pour la tenue régulière de réunions de coordination, condition essentielle pour plus d’efficacité et d’efficience.
À travers le PAPSE, le Sénégal réaffirme son ambition : transformer son système éducatif en une véritable société éducative, capable d’inclure tous les apprenants et de réduire durablement les inégalités. Un enjeu central pour l’avenir du pays et, plus largement, pour l’Afrique de toutes les possibilités.


